De l'art d'écrire

3 conseils pour bien gérer son temps et écrire

Que ce soit en salon, lors de dédicace ou dans les ateliers d’écriture que j’anime, je rencontre souvent des personnes qui ont envie d’écrire un premier roman. Les peurs sont nombreuses quand on débute un tel projet et c’est normal. On se pose des questions : « vais-je y arriver ? », « et si mon manuscrit était nul ?», « en fait, comment ça s’écrit, un roman ? »…
La crainte d’échouer, la peur de réaliser un rêve avec tous les aspects que cela comporte sont des éléments bloquants qui viennent renforcer vos croyances limitantes.
Vous savez quelle est l’excuse que j’entends le plus souvent pour reporter un projet d’écriture ? « J’aimerais écrire mais je n’ai pas le temps ».
Je vous propose aujourd’hui trois astuces pour voler ce temps à votre quotidien et avancer sur votre roman ! Vous verrez, c’est possible !

S’accorder du temps… même un peu

Vous n’avez pas systématiquement besoin d’avoir une journée entière à consacrer à votre roman pour pouvoir avancer. Quand j’anime mes ateliers d’écriture, j’adore proposer à mes participants des jeux qui stimulent leur créativité. Je leur donne dix mots avec lesquels ils doivent écrire une histoire, je leur impose une proposition du type « La Reine d’Angleterre a disparu » avec un couple d’enquêteurs, je leur présente une carte postale pour construire un personnage… et je leur laisse moins d’une demi-heure pour s’atteler à leur tâche. Et vous savez quoi ? Ils arrivent à chaque fois à réaliser l’exercice dans les temps et à écrire un texte ! D’ailleurs, ils sont les premiers surpris de ce résultat.
Le cadre de travail a évidemment son importance car il faut pouvoir être concentré sur « son moment » et s’accorder ce temps. Que ce soit dans un bureau, dans votre chambre, dans un café juste avant de rentrer à la maison ou avant de partir au travail, trouvez l’endroit qui vous inspire. Plusieurs romanciers autour de moi ont écrit leur premier roman en se levant une demi-heure ou une heure plus tôt tous les jours avant d’aller travailler.
Je comprends tout à fait que certaines personnes aient besoin d’avoir de grandes plages horaires pour pouvoir se concentrer pleinement sur une tâche, mais rien ne vous empêche de construire votre planning en vous ménageant une journée par semaine ou par mois tout en gérant quotidiennement quelques sessions d’écriture plus courtes.
Quand j’ai commencé à écrire mon premier roman, je travaillais dans l’événementiel, j’avais des horaires irréguliers et je devais parfois gérer des projets durant le week-end. J’ai réalisé qu’en m’accordant une quinzaine de minutes par jour, je parvenais tout de même à avancer sur mon manuscrit et surtout à ne pas perdre le fil de mon histoire car c’est là que se trouve une clé importante : garder le lien avec son histoire.
A cause de mes obligations, il m’arrivait de ne pas pouvoir revenir à mon texte pendant plusieurs semaines. Résultat ? A chaque fois que je m’y replongeais, je perdais un temps infini à relire toutes les pages écrites pour pouvoir à nouveau « sentir » mes personnages et mon intrigue. J’ai donc compris qu’en planifiant des petits moments pendant lesquels je relisais mon dernier paragraphe, j’écrivais une demi-page ou je prenais des notes pour la suite, je parvenais à conserver ce lien, ce flow magique avec mon roman. Je perdais moins de temps et j’étais heureuse d’avoir consacré un moment à mon rêve le plus cher. Chacune de mes mini-session me rapprochait de mon objectif et plus j’écrivais, plus je nourrissais mon inspiration et ma motivation. Constater que son texte avance, que les pages défilent est un sentiment merveilleux qui nous donne de l’énergie et du courage.

Conseil : planifiez vos sessions, notez-les dans votre agenda comme un rendez-vous avec vous-même. Que ce soit quinze minutes par jour ou trente minutes trois fois par semaine, essayez de vous y tenir. Vous serez surpris de ce que vous êtes capables d’accomplir en si peu de temps. Prenez rendez-vous avec un ami qui souhaite aussi écrire ! On ne fait pas de faux plan à un ami, pas vrai ? Vous pourrez ainsi vous motiver tous les deux à travailler une petite heure le week-end ou en sortant du bureau un ou deux soirs par semaine.

Se fixer des objectifs raisonnables

Ne vous mettez pas trop la pression. L’écriture peut se comparer à l’exercice sportif : plus vous pratiquez, plus la séance deviendra facile ! Vous pouvez commencer par vous fixer un nombre de mots par session ou un nombre de pages par semaine ou par mois. 
Au moment où je reprends l’écriture d’un nouveau roman après avoir fait quelques semaines ou mois de pause, je sais que ma première séance sera laborieuse. Je planifie deux heures dans un café et écris environ 5 000 signes. Les fois suivantes, je reprends mes habitudes et parviens à doubler ma productivité dans le même laps de temps. J’essaie d’arriver systématiquement à la dizaine de signes supérieure (c’est bête mais ça marche bien pour moi) : si j’en suis au début de session à 21 150 signes, je ne partirai pas de ma table avant d’avoir dépassé les 22 000 signes.
Il y a un autre moyen magique pour vous permettre de réaliser vos objectifs : le délai ! Le délai fonctionne souvent si vous prenez un engagement envers quelqu’un à qui vous devez transmettre votre texte (comme aux études quand nous devions rendre un devoir le lundi et que l’on s’y mettait le dimanche soir). J’anime des ateliers d’écriture pour les primo-romanciers et les rendus de texte se font souvent le lundi. Je ne compte pas le nombre de mes participants qui m’ont dit « j’ai travaillé tout le week-end pour terminer mes dix pages » ! Et, vous savez quoi ? Ils y arrivent ! Au pire, ils ont un jour de retard mais les dix pages sont écrites et nous avons ainsi une matière à moduler, à travailler, à peaufiner.
Je vous conseille donc de vous trouver un cercle d’écrivains, un ami qui a le même objectif que vous et avec qui vous pouvez échanger vos chapitres au fur et à mesure de l’écriture, ou même de suivre un atelier d’écriture. Cette idée de délai coupe court à la procrastination.
Non seulement cela vous motivera mais cela redonnera vie à vos rêves et vous permettra de rencontrer des écrivains qui auront les mêmes aspirations que vous. Vous avez déjà entendu le fameux adage : « mieux vaut fait que parfait » ? C’est vrai pour l’écriture aussi ! Vous ne ferez rien d’un ensemble de feuilles blanches. Par contre, vous pourrez toujours corriger et retravailler les pages que vous avez produites ! Pour ceux qui aiment les défis un peu fous et les objectifs parfaitement déraisonnables, je vous conseille de tenter le NaNoWrimo. Un défi littéraire complètement fou et grisant qui se déroule en novembre et dont le but est d’écrire 50 000 mots en un mois (avec l’équipe KWL, nous en sommes adeptes alors, comptez sur nous pour vous motiver le moment venu 😉). Deux camps sont organisés en avril et en juillet pour celles et ceux qui souhaitent se fixer leurs propres objectifs.

Conseil : achetez-vous un petit carnet pour noter vos progrès au fur et à mesure. Vous voulez écrire 3 000 mots par semaine ? Notez vos résultats à la fin de chaque séance.

Réfléchir à son plan et planifier sa séance pour gagner du temps 

Si certains écrivent sans plan, de mon côté, j’aime travailler sur les grands axes de mon histoire pour éviter les incohérences et les nombreux allers-retours pour les corriger. L’élaboration d’un plan vous permet de donner une structure à votre intrigue, à connaître les chapitres ou les scènes que vous allez écrire et, par conséquent, de gagner du temps lors de vos séances de travail. Je vous conseille la méthode du flocon de neige d’Ingermanson qui m’a personnellement beaucoup aidée. Forcément, quand on sait où l’on va, on n’a pas besoin de faire trois fois le tour du giratoire !
Autre technique que j’ai mise en place récemment : planifier ma séance. Je consacre dorénavant dix ou quinze minutes avant d’écrire à noter l’enchainement de mes scènes et ce qui va se passer dedans. C’est tout simple mais l’efficacité est imparable pour être plus productif. Poser les choses, noter des idées permet à votre cerveau de se mettre en route et de suivre une ligne directrice tout en se focalisant sur la tâche à venir. 
Pour me remettre dans mon texte, je relis les derniers paragraphes puis planifie la suite de l’histoire en notant ce que mon personnage doit faire ou quelques informations qui doivent être données au lecteur dans la suite immédiate de l’intrigue. J’ai ainsi une sorte de plan de route qui pourrait se résumer à trois phrases narratives simples pour la suite de mes scènes (« Célia décore le hall et tombe sur son voisin ronchon, Lisbeth invite Célia à souper et se livre sur son passé ou encore décoration du sapin chez Thibaut et premier baiser »). 

Conclusion

Le plus important à retenir si vous avez envie d’écrire un roman ? Donnez sa place à l’écriture, soyez régulier et persévérant. Si votre projet compte vraiment, alors créez-lui de l’espace. Repoussez les limites du temps et prenez conscience que quinze minutes par jour peuvent tout changer. Écrire est une habitude à prendre, une routine à installer dans votre vie quotidienne. Un mot après l’autre, votre histoire apparaîtra sous vos yeux et nous avons hâte de la découvrir et de faire connaissance avec le romancier qui sommeille en vous et qui ne demande qu’à se réveiller.


Caractéristiques de Cali Keys : adore les palmiers, les Bisounours, les Piña Colada et les fraises Tagada.
Lieu de vie : Suisse après un passage en Californie et des études à Paris.

Déteste se mouiller les chaussettes dans la salle de bains, terminer une boîte de biscuits (y en a plus après) changer le rouleau de papier toilette et arroser les plantes.
Côté édition, elle a publié son premier roman Mon Ex me colle à la peau en 2013 avant de travailler avec des éditeurs comme Milady, Prisma, Charleston, AdA et Hauteville. Son roman, L’amour à pleines dents ! a reçu le prix Diva de la meilleure romance 2017.
Ses genres de prédilection? La romance, la new romance, le new adult, le feel-good et la comédie romantique.
Elle a publié onze romans (et ne compte pas s’arrêter, elle est trop accro) et aime partager sa passion en animant des ateliers d’écriture. Depuis plus de 8 ans, elle soutient et accompagne des primo-romanciers dans leur désir d’écrire.
Elle a également animé la masterclass Romance pour Kobo et participe régulièrement à des tables rondes et des conférences sur l’art romanesque.

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