De l'art de publier

Conseils d’édition : Les différentes façons de publier un roman

Se lancer dans l’écriture d’un ouvrage demande à la fois de la volonté et de l’abnégation. Une fois le dernier mot écrit, il faudra vous intéresser à de nouvelles étapes aussi cruciales : celles menant à la publication de votre manuscrit.
Pour vous accompagner sur ce chemin, nous lançons cette année sur le blog une rubrique mensuelle dédiée aux conseils autour de l’édition. Pour cela, nous avons fait appel à Cali Keys, autrice éditée chez de nombreux éditeurs et qui a aussi goûté à l’autoédition dans son parcours. Après avoir accompagné nos lectrices et lecteurs pour le NaNoWriMo l’an passé, Cali va continuer à partager chaque mois son expérience avec nous dans des articles à l’enthousiasme communicatif.  

Si vous vous posez la question de comment publier votre histoire, c’est que vous avez terminé votre roman et que vous souhaitez passer à l’étape suivante : le partager avec des lecteurs ! Quand j’ai terminé mon premier manuscrit il y a dix ans, j’étais pressée (et stressée) de sauter le pas et je me suis donc renseignée sur les différentes manières de proposer mon roman à un lectorat. Voici ce que j’ai appris !

Le compte d’éditeur

Quand j’ai terminé l’écriture de mon manuscrit en 2012, c’est la première question que je me suis posée : comment convaincre un éditeur traditionnel de publier mon histoire ? J’avais entendu que c’était difficile, que très peu de premiers romans étaient publiés et que je ne devais pas trop y croire. Mais j’étais butée et j’avais des rêves plein la tête… ce qui m’a permis de tout tenter pour faire mentir les statistiques !
J’ai reçu beaucoup de lettres de refus, j’ai pleuré, j’étais désespérée et découragée puis je suis repartie au front jusqu’à recevoir ce premier « oui » qui m’a permis de lancer ma carrière. 
Par la suite, j’ai tout fait pour développer mon réseau dans le milieu, j’ai développé mes réseaux sociaux et j’ai même écrit à un célèbre éditeur sur Facebook pour lui proposer mon 4e roman. Il s’agissait d’un éditeur de genre très connu et vous savez quoi ? Il a édité mon 4e roman ! On aura l’occasion d’évoquer les réseaux sociaux dans un prochain article. En attendant, revenons à nos moutons.

Le compte d’éditeur, qu’est-ce que c’est ? C’est lorsqu’une maison d’édition fait signer à l’auteur un contrat où, en échange des droits d’exploitation sur l’oeuvre, l’auteur perçoit des droits d’auteur qui varient en fonction du format (pour du broché, la fourchette se situe entre 7 et 10% en général). L’auteur n’a rien à payer, tous les frais de correction, mise en page, couverture, distribution, diffusion et autres frais marketing sont pris en charge. C’est le rôle de l’éditeur que de prendre en charge les différents coûts pour la publication du manuscrit des auteur.ices qu’il représente.
Par ailleurs, l’auteur bénéficie d’un travail éditorial de fond sur le texte en lien avec son éditeur, ce qui permet de travailler sur les faiblesses et les incohérences de l’intrigue. C’est un passage obligé et passionnant qui aide à progresser, qui permet à l’auteur d’avoir confiance en son texte tout en apprenant énormément de choses grâce à cet échange et à ce regard extérieur. C’est une phase parfois difficile et on a l’impression qu’on n’arrivera jamais au bout de la tâche mais c’est une expérience très formatrice.

Conseil : si vous souhaitez tenter cette aventure, vous pouvez commencer par dresser une liste des éditeurs qui publient le même genre de romans que le vôtre. Il vous faudra aussi fournir un synopsis complet de votre histoire et une présentation dans laquelle vous pouvez expliquer pourquoi vous avez choisi de traiter ce thème (pour montrer ainsi votre légitimité à l’évoquer), qui vous êtes et vos motivations. Les éditeurs ont souvent un onglet « manuscrit » sur leurs sites respectifs où vous pouvez trouver certaines indications de mise en page, les modalités d’envoi ou encore les documents qu’ill faudra fournir. Bonne chance !

Le compte d’auteur

Il s’agit souvent de structures se présentant comme une maison d’édition, sauf qu’à la différence des maisons à compte d’éditeur, la structure ne prend pas en charge tous les frais. Dans le cadre du compte d’auteur, on demandera à l’auteur de participer aux coûts d’édition que ce soit pour la correction, la mise en page voire l’achat de ses propres exemplaires. Quand on a déjà reçu plusieurs lettres de refus, on a envie d’y croire. Après tout, c’est le rêve de beaucoup d’entre nous d’être publié.e, mais un peu de prudence s’impose car la facture peut vite s’élever à quelques milliers d’euros, sans que le livre ne se retrouve pour autant sur les tables des librairies. Pour éviter la déception, mieux vaut ne pas se précipiter et considérer toutes les options possibles. Comme vous pouvez le constater dans cet article, il existe d’autres manières de s’éditer et de parvenir à votre but. Gardez en tête que vous n’avez rien à payer à un éditeur pour qu’il publie votre roman. C’est la raison pour laquelle, personnellement, je ne recommande pas de s’éditer dans une maison à compte d’auteur.

Conseil : avant de signer quoi que ce soit, essayez de vous renseigner à propos de ces maisons d’édition, notamment à travers des recherches sur Internet. Il y a un certain nombre de forums où les auteurs débutants partagent leurs expériences diverses et variées en la matière.

L’autoédition

C’est certainement la façon de publier son roman qui a le plus évolué depuis mes débuts il y a dix ans. A l’époque, l’autoédition manquait cruellement de reconnaissance et elle ne bénéficiait pas du tout de l’image positive dont elle peut se targuer aujourd’hui. Les auteur.ices autoédité.es souffraient d’un manque de légitimité dans la profession et auprès des libraires. Heureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui !
Grâce à des plateformes comme Kobo Writing Life, il est possible de mettre son roman en vente et toucher de nombreux lecteurs tout en gagnant des droits d’auteur bien plus élevés que dans l’édition traditionnelle, à condition de bien s’y prendre. Ces plateformes sont en plus d’une simplicité étonnante. Moi qui ne suis pas forcément ce qu’on appelle une « geekette » dès qu’il s’agit d’effectuer la moindre manipulation un peu technique, je dois reconnaître que je n’ai eu aucun problème à les utiliser. 
Certains romanciers ont d’ailleurs rencontré un succès fulgurant en publiant leur roman en autoédition, on peut citer par exemple les pionnières comme Agnès Martin-Lugand et Aurélie Valognes, ou Sonia Dagotor aujourd’hui.

« J’ai un cousin photographe qui m’a fait une belle couverture, j’ai eu vent des auteurs qui avaient été propulsés en autoédition et j’ai mis mon texte en un clic sans trop y croire, en envoyant le lien à mes amis. Là j’ai eu de la chance, car en trois semaines mon livre a été propulsé numéro 1 de la plateforme d’édition et donc très visible, avec plus de cent téléchargements par jour » a témoigné Sophie Tal Men dans une interview accordée à la Fnac.

➡️ Lire l’interview complète

Beaucoup d’auteurs ou d’autrices autour de moi sont ce que l’on appelle « hybrides », cela signifie qu’ils et elles publient leurs textes avec des éditeurs traditionnels et en autoédition à la fois. Ce qui est génial ? Certain.es parviennent à vivre de leur plume et développent un business florissant !
Ces auteur.ices apprécient leur liberté et le côté entrepreneurial de la démarche, sont souvent très à l’aise avec le marketing et la manière de positionner leurs romans et ont construit, au fil des années, des communautés très engagées sur les réseaux sociaux. Leur professionnalisme est un gage de qualité et, si vous décidez de tenter l’aventure, je vous livre quelques conseils un peu plus bas.

Conseil : le mot d’ordre est « professionnalisme ». Il faudra vous entourer des bonnes personnes, voire accepter de payer de votre poche pour que votre roman puisse se faire une place auprès des lecteurs. En effet, ceux-ci sont exigeants et ils ont raison. Qui aurait envie de lire un livre rempli de fautes ou qui serait mal mis en page ?

Que faire alors ? Tout d’abord, il est utile de trouver un correcteur professionnel (un ancien professeur n’est pas aussi habile qu’une personne formée à la syntaxe, à la grammaire et à l’orthographe) et un graphiste pour que la couverture soit attrayante. Vous pouvez aussi vous former aux publicités sur Facebook ou Instagram voire plus largement au marketing et à la communication et ainsi gagner en efficacité pour votre positionnement. Il existe beaucoup de formations sur le sujet et c’est l’un des meilleurs investissements que vous pourrez faire pour votre carrière. Des outils comme Canva ou DIY Book design permettent de créer des visuels propres avec vos couvertures pour les réseaux sociaux et le tout gratuitement ou pour un coût modique. La promotion est un facteur-clé de votre futur succès en autoédition.  
Contrairement à l’édition à compte d’éditeur, vous serez seul.e face à votre texte, sans éditeur pour vous faire un retour professionnel. Vous peux aussi faire appel à un.e coach littéraire ou un.e conseiller.ère éditorial.e pour vous accompagner dans cette démarche et recevoir des retours plus poussés sur votre manuscrit. 

Conclusion

Publier son roman est une folle aventure qui vous fera vivre des émotions très intenses, que vous choisissiez l’édition traditionnelle ou l’autoédition. Recevoir la couverture et les premiers retours de lecteurs, tenir enfin son livre entre les mains, partir à la rencontre des merveilleuses personnes qui auront découvert l’univers de l’auteur, tout ceci va constituer des moments souvent magiques. Des instants qui resteront gravés en vous et vous donneront l’envie de ne jamais plus arrêter d’écrire ! 


Caractéristiques de Cali Keys : adore les palmiers, les Bisounours, les Piña Colada et les fraises Tagada.
Lieu de vie : Suisse après un passage en Californie et des études à Paris.

Déteste se mouiller les chaussettes dans la salle de bains, terminer une boîte de biscuits (y en a plus après) changer le rouleau de papier toilette et arroser les plantes.
Côté édition, elle a publié son premier roman Mon Ex me colle à la peau en 2013 avant de travailler avec des éditeurs comme Milady, Prisma, Charleston, AdA et Hauteville. Son roman, L’amour à pleines dents ! a reçu le prix Diva de la meilleure romance 2017.
Ses genres de prédilection? La romance, la new romance, le new adult, le feel-good et la comédie romantique.
Elle a publié onze romans (et ne compte pas s’arrêter, elle est trop accro) et aime partager sa passion en animant des ateliers d’écriture. Depuis plus de 8 ans, elle soutient et accompagne des primo-romanciers dans leur désir d’écrire.
Elle a également animé la masterclass Romance pour Kobo et participe régulièrement à des tables rondes et des conférences sur l’art romanesque.

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