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À la rencontre de Sophie Tal Men, marraine du concours Les talents de demain

 

la neurologue et écrivain Bretonne Sophie Tal Men, à Paris le 4 mai 2017

© Roberto Frankenberg

Auteure à talent de la trilogie Les yeux couleurs de pluie, Entre mes doigts coule le sable et De battre la chamade, Sophie Tal Men nous fait cette année l’honneur d’être la marraine de la 3e édition du concours d’écriture les Talents de demain. En exclusivité pour Kobo Writing Life, elle se prête aujourd’hui au jeu des questions-réponses pour vous faire découvrir son univers littéraire, partager son expérience d’auteure hybride et se livrer sur ses projets à venir. Comment est née l’envie ou le besoin d’écrire ?
Beaucoup de médecins écrivent sans que l’on connaisse forcément leur formation initiale. Prenez Jean-Christophe Rufin, il était neurologue comme moi, mais a très peu exercé. Oliver Sacks est aussi une référence. C’est son livre L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau qui m’a donné envie de faire médecine. Le cerveau est un organe qui me fascine et j’ai le sentiment d’en découvrir un peu plus chaque jour en faisant ce métier!
L’écriture m’accompagne depuis que je suis enfant. J’ai toujours aimé être dans la création: poèmes, dessin, théâtre… Laisser libre cours à mon imaginaire débordant. Activités artistiques que j’ai dû mettre de côté après le lycée en me consacrant pleinement à mes études de médecine.

Quels sont les livres qui vous ont inspirés ?
Celui qui m’a donné envie de faire médecine et plus particulièrement neurologue : L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau d’Oliver Sacks.
Ceux qui m’ont donné envie d’écrire : les romans de J.M Le Clézio Le chercheur d’or, Étoile errante, sans oublier ceux de Milan Kundera L’insoutenable légèreté de l’être, La vie est ailleurs, ceux de Romain Gary La promesse de l’Aube / Emile Ajar La vie devant soi et celui d’Anna Gavalda Ensemble c’est tout.
Ceux qui m’ont donné le goût des Saga : Les chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin.

Comment l’idée d’un livre germe-t-elle dans votre esprit ? Où puisez-vous l’inspiration ?
Au départ, je voulais raconter quelque chose de différent par rapport à ce qu’on peut lire ou voir sur le milieu médical. Un univers plus intime, moins spectaculaire. L’hôpital est un vivier propice à l’écriture : nous rencontrons une multitude de gens et sommes amenés à rentrer très rapidement dans leur intimité. Des moments forts, chargés émotionnellement. C’est particulièrement vrai en neurologie où nous sommes confrontés au handicap et aux bouleversements que cela engendre pour le patient et son entourage.
Dans mon prochain roman, je m’éloigne un peu de l’univers que je maîtrise, de ma zone de confort. J’explore d’autres thématiques comme celle du chocolat, son pouvoir sur les sens, les émotions, la mémoire, la transmission.
L’inspiration me vient le soir quand mes trois enfants sont couchés. Mes personnages sont toujours dans un coin de ma tête au travail. Quand il m’arrive d’avoir une idée entre deux consultations, je la gribouille sur un bout de papier ou dans les notes de mon téléphone pour l’exploiter le soir venu au son de la trompette d’Ibrahim Maalouf.

Vous avez démarré en tant qu’auteure autoéditée avant de vous faire repérer par votre maison d’édition actuelle, Albin Michel. Que retenez-vous de cette expérience ? Quel regard portez-vous sur l’autoédition ?
Je n’oublierai jamais mes débuts. L’autoédition a été un véritable tremplin pour moi, une success-story qui m’étonne encore aujourd’hui. J’avoue que l’idée de m’exposer en auto-éditant mon texte seule sur internet m’effrayait beaucoup. J’avais peur qu’on me reconnaisse, qu’on me critique et qu’on me juge. Compliqué d’avoir confiance en son manuscrit – suffisamment pour le publier – quand les seuls retours sur le texte sont ceux de la famille et des amis proches. Public conquis d’avance. J’étais loin d’imaginer la suite : plus de 11 000 lecteurs en 3-4 mois, les propositions de grandes maisons d’édition.
Je suis contente aujourd’hui d’être entourée d’une équipe de professionnels qui m’accompagne dans cette belle aventure. J’ai l’impression de progresser dans l’écriture, de mieux cerner mes envies et mes projets. Mais je reste persuadée que l’autoédition peut être un bon moyen d’approcher ses premiers lecteurs, d’avoir un retour immédiat sur son texte, dans l’attente de convaincre une maison d’édition.

Vous êtes cette année la marraine du concours d’écriture « Les talents de demain » organisé par Kobo Writing Life et Préludes. Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire partie de cette aventure ?
La joie de contribuer à découvrir de nouveaux talents. La curiosité aussi.

Qu’attendez-vous des textes que vous allez découvrir dans le cadre du concours ?
Une histoire singulière qui m’emmène en voyage. Un univers bien campé. Un style fluide.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu en tant qu’écrivain ?
Rester soi-même, se faire plaisir et garder les pieds sur terre.

Et vous, quel conseil donneriez-vous à un auteur qui souhaiterait se lancer dans l’écriture ?
Mon premier conseil aux auteurs qui achèvent leur premier roman c’est de ne pas laisser leur manuscrit au fond de leur tiroir. S’ils y croient, qu’ils ont cette envie forte d’être lus, alors il ne faut pas qu’ils se contentent des réponses négatives des maisons d’édition. Ils reçoivent trop de manuscrits par jour pour ne pas laisser passer quelques perles à travers les mailles de leur filet. Les plateformes comme kobo, kdp, wattpad… sont des testeurs d’opinion et peuvent être de vrais tremplins pour certains auteurs. Mon expérience en est la preuve !
Sur le Net, pas de recette miracle. Ça se saurait. À part peut-être une belle couverture qui donne envie, un résumé soigné et vendeur. Tous les genres ont leur place. Du polar, au roman biographique, de science-fiction ou de littérature sentimentale.
Après, c’est une histoire un peu magique de bouche à oreille.

Que lisez-vous en ce moment ?
Le gang des rêves de Luca Di Fulvio, magnifique !

Avez-vous un genre de prédilection ?
Je suis une lectrice très éclectique.  Ce n’est le genre littéraire qui m’importe mais l’histoire !

 Pour finir, quelle citation vous représente le mieux ?
« La vie n’est que le reflet des couleurs qu’on lui donne » Abbé Pierre.

Vos lecteurs se sont invités dans cette rencontre pour vous poser deux questions :
1 – Y aura t-il une suite à votre trilogie ?
J’ai plus envie de créer une Saga qu’une simple suite à la trilogie. Des histoires satellites à celles de Marie-Lou et de Matthieu, où l’on ait quand même la joie de les retrouver. Certains personnages secondaires sont très intéressants et j’avais envie de les développer, d’en faire les héros d’une nouvelle histoire. Le fil conducteur reste l’univers médical qui m’inspire et donne un caractère original à mes romans, un angle d’approche différent et surtout ma belle Bretagne qui contribue à donner cette dimension romantique et poétique.

2 – Comment définissez-vous le style de vos romans ?
Cette question est complexe car elle sous-entend qu’on ait le recul nécessaire sur son travail. J’aime plus le terme d’écriture « bienveillante » que feel-good book. J’y dépeins les relations humaines, les sentiments qui nous animent, tout en pointant du doigt certaines valeurs.


Retrouvez tout l’univers de Sophie Tal Men sur Kobo :

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