De l'art d'écrire

En tête-à-tête avec Alexandre Jarry

Toutes les deux semaines, des auteurs Kobo Writing Life vont se prêter au jeu des questions / réponses et seront mis à l’honneur sur le blog. Vous aurez ainsi l’opportunité d’en savoir un peu plus sur leur goût pour l’écriture et leurs influences. Les auteurs n’hésiteront pas à partager des conseils et astuces pour celles et ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure de l’autoédition ou qui hésitent encore.

Portraits d'écrivains

Aujourd’hui, nous rencontrons Alexandre Jarry, écrivain marqué par les récits de J. R. R. Tolkien, Raymond Queneau et Jasper Fforde, et qui souhaite comme eux se servir de l’écriture pour faire voyager ses lecteurs.

Quand avez-vous découvert votre passion pour l’écriture ? Y a-t-il un livre en particulier qui vous a donné l’envie d’écrire ?

wp_20140321_14_18_23_proMa passion est née très simplement : en prenant un immense plaisir à composer les rédactions demandées par nos professeurs. J’aimais l’idée d’avoir un sujet imposé et de devoir me débrouiller pour proposer une histoire. Le goût pour la création s’est ensuite développé au fur et à mesure des défis que représentait chacun de ces sujets. Petit à petit, j’en ai voulu plus, puis je me suis lancé dans l’écriture de nouvelles. D’abord pour des concours – puisqu’il y avait toujours cette notion de thème imposé et de défi – puis pour mon propre plaisir. J’en suis arrivé ensuite au roman. Derrière cette évolution, il y avait certainement l’envie de structurer et de complexifier mes histoires.
Il n’y a pas vraiment de livre à l’origine de mon envie d’écrire, mais il est évident que l’univers de J. R. R. Tolkien a bercé mon enfance et mon adolescence. Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig m’a sans doute bien influencé sur mes premières productions. J’avais vraiment été impressionné par les descriptions fiévreuses et la concision du texte. Le travail d’immersion du lecteur dans ce roman est impressionnant.

Quel est l’écrivain qui vous a le plus inspiré ?

J. R. R. Tolkien, mais aussi Raymond Queneau et Jasper Fforde pour leur capacité à faire du verbe un acteur à part entière de leurs œuvres.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu en tant qu’écrivain ?

Dans l’univers de l’autopublication, les choses se font progressivement. Il faut être un peu bricoleur, un rien artisan et – pour que le tout fonctionne – il vaut mieux ne pas oublier d’être artiste. Je ne dis pas exceller dans tous ces domaines, loin de là, mais c’est en substance ce que j’ai retenu de mes quelques années d’expérience.
Pour ce qui est de l’écriture à proprement parler, j’ai découvert il y a quelques mois des plateformes Internet dédiées à la lecture en streaming (Scribay, Wattpad pour ne citer qu’elles). Les internautes y ont le commentaire facile et c’est une expérience fascinante. J’ai pu y soumettre quelques textes à la relecture d’anonymes qui disent les choses sans langue de bois. C’est simple, efficace et direct et, même si je ne peux pas affirmer avoir reçu de conseils très marquants, j’ai en revanche eu de nombreuses remarques pertinentes qui m’ont permis de rectifier beaucoup d’erreurs (syntaxe, orthographe, coquilles, tournures de phrase ou même sur l’arc narratif…).

Où puisez-vous l’inspiration ?

Ah ! L’inspiration… Vaste question.
Si je devais la définir, je la décrirais comme un logiciel invisible mais qui tourne à plein régime en tâche de fond. Si vous me parlez et que vous avez l’impression que je suis un peu dans la lune, n’ayez aucune inquiétude : c’est parce que les idées turbinent en arrière-plan !
L’inspiration me vient de toute part. Du quotidien, des rêves, des actualités, des films… Le plus souvent, un simple paysage, à un moment précis de la journée, ou quelques notes d’une chanson peuvent réveiller l’envie d’élaborer une nouvelle histoire. J’ai parfois l’impression que mon cerveau ne connaît pas le repos. Et je m’en félicite car je ne crois pas avoir été un jour à court d’idées !

Où écrivez-vous habituellement ?

Chez moi. Il m’arrive d’écrire en nomade (téléphone, tablette) mais le plus souvent, c’est finalement devant mon PC que je suis le plus productif.

Qu’est-ce qui vous a conduit à l’autoédition ?

Au départ, la jalousie ou l’exclusivité. Je veux dire par là que, dans les premiers temps, lorsque j’avais une idée, je voulais qu’elle m’appartienne totalement : qu’elle soit mon idée, ma création, qu’elle devienne un texte, mon texte, que celui-ci s’épanouisse derrière une couverture, mais une couverture qui sorte, elle aussi, tout droit de mon imagination… J’avoue que c’était plutôt compulsif. Jusqu’au jour de sa publication, je ne faisais lire mon texte à personne (pas même à ma femme). Ma nouvelle ou mon roman, une fois terminé(e), devait être un produit entièrement conçu par mon esprit, sans l’intervention d’intermédiaires… Certes, cette approche pouvait paraître prétentieuse ou égoïste, au risque de me faire passer comme rétif à toute critique…
C’est pourquoi, petit à petit, j’ai largement changé mon approche en proposant des bêta-lectures, en demandant l’avis des autres et même (oui, oui !) en tentant de travailler avec des éditeurs. L’autoédition est une dépense d’énergie incroyable car, selon moi, le texte en lui-même ne représente qu’un tiers du travail, environ. Mais c’est tout de même une aventure gratifiante, particulièrement quand l’ouvrage plaît aux lecteurs.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un auteur qui souhaite se lancer dans l’aventure de l’autoédition ?

Voici quelques conseils tirés de ma propre expérience et qui pourront – je l’espère – profiter aux auteurs désireux de se lancer dans l’aventure.

Pour qu’un texte autoédité plaise, il faut bien sûr une bonne histoire. Mais il faut aussi proposer une écriture irréprochable. Un texte truffé de coquilles risque de décourager le lecteur. Un auteur autoédité doit être doublement exigeant. Il faut également préparer un résumé accrocheur, quitte à le faire rédiger par une tierce personne. La couverture quant à elle devra être propre et nette, par souci de visibilité. Enfin, il ne faut pas oublier le travail de promotion et de mise en avant à fournir : les réseaux sociaux sont un bon vecteur pour gagner des lecteurs. A condition de savoir s’y prendre, sans marteler dix fois par jour aux fans et followers que son dernier roman est en promotion jusqu’à minuit ! Cela risquerait juste d’agacer les potentiels lecteurs et à les détourner du livre, peu importe la qualité du texte. Une dernière chose : ne jamais se presser de mettre un texte en ligne. C’est une erreur qu’il m’arrive encore de commettre aujourd’hui. Un roman n’est jamais vraiment terminé : il y aura toujours des choses à revoir, même avec la meilleure des volontés. C’est la raison pour laquelle il ne faut le publier que lorsque tout est prêt (la couverture, le résumé, les 197 séances de corrections, etc.) en choisissant bien sa date de parution. Sur Kobo Writing Life, il est possible de mettre un livre en précommande. Ce qui présente deux avantages : d’une part, cela permet de créer l’attente chez le lecteur, à condition de bien travailler la promotion ; d’autre part, l’auteur peut ainsi tester son ebook sur sa liseuse/tablette pendant la période de latence. Le fait de relire son texte sur liseuse plutôt que sur Word ou LibreOffice permet de redécouvrir beaucoup de choses et de voir son texte sous un autre angle.
Pour ceux que toutes ces tâches rebutent ou qui se sentent découragés à l’idée de s’en charger eux-mêmes, libres à eux d’envoyer leurs manuscrits aux maisons d’édition. Mais, il faut savoir qu’avec l’autoédition, les auteurs ont une maîtrise totale de leur histoire : ils peuvent corriger la moindre faute en un clin d’œil, gérer les prix et promotions en toute souplesse – en particulier sur Kobo Writing Life. La plateforme de publication est fiable et facile d’utilisation et, pour couronner le tout, si les auteurs parviennent à se faire remarquer, les équipes de Kobo feront leur possible pour mettre leurs textes en avant. Là aussi, je parle par expérience : se sentir soutenu par des professionnels du livre électronique lorsqu’on n’appartient pas au milieu et que l’on est mû par la passion, c’est extrêmement gratifiant.
Un dernier mot : l’auteur autoédité est parfois perçu comme égocentrique, prétentieux, susceptible et peu réceptif à la critique… Tordons le cou aux préjugés. Il est possible de croiser ce type de profil n’importe où sur la Toile (y compris chez les auteurs de maisons d’édition). Mais ne stigmatisons jamais. Un auteur autoédité est avant tout un créatif volontaire et passionné, cherchant à bien faire. De ce fait, il est primordial qu’il montre aux lecteurs à quel point son investissement est total dans sa démarche, et qu’il est prêt à écouter chacun de leurs conseils. Les éditeurs sont d’excellents professionnels. Mais qui mieux que le lecteur saura dire à l’auteur ce qu’il attend de son livre ?

Sur quel projet travaillez-vous en ce moment ?

L’écriture de mon roman de science-fiction « Les poussières d’Arcadia » touche à sa fin. J’ai donc encore énormément de travail à produire sur ce texte, mais comme il s’agit d’un roman très long, j’ai choisi de le découper en plusieurs épisodes. Ceci permet d’obtenir un format plus pertinent pour la lecture numérique, selon moi. Chaque épisode occupe le lecteur entre 90 et 120 min, ce qui me semble assez intéressant sur liseuse. Le format papier approchera les 800 pages, c’est dire l’ampleur du texte. A l’heure actuelle, les trois premiers volets sont parus et la dernière partie est prévue pour le mois de juillet.
L’action se déroule en 2030, en parallèle de l’histoire racontée dans [R.U.N], l’un de mes précédents romans. Notre monde y est décrit de manière assez sombre, à la lumière des récentes actualités, mais il reste une parcelle d’optimisme à travers le voyage qu’entreprennent mes personnages : ils ont pour mission d’installer la première colonie humaine sur Mars. Évidemment, tout ne se passe pas comme prévu (vous vous en doutiez) et la planète rouge leur réserve un accueil assez déroutant. Il n’y a pas de petits hommes verts, comme vous pourriez l’imaginer mais… Chut ! J’en dis déjà trop !

Avez-vous en tête un objectif que vous souhaitez atteindre mais que vous n’avez pas encore accompli ?

Est-ce un défaut ou une qualité, je l’ignore. Mais le fait est que je ne me fixe aucun objectif. Jusqu’à aujourd’hui, l’écriture a été un plaisir et je compte en rester là. Je manque peut-être d’ambition ou, au contraire, je suis probablement réaliste. Toujours est-il que je n’ai pas d’autre objectif que me faire plaisir, écrire ce que j’aime tout en espérant conquérir le cœur de quelques lecteurs.

Quelle est votre lecture du moment ? Votre genre favori ?  

Ma lecture du moment : La mort du roi Tsongor, par Laurent Gaudé. Je découvre seulement cet auteur que l’on m’a maintes fois conseillé et, il est vrai qu’au regard de ce qui est publié depuis quelques années, Gaudé se démarque bien du reste, par son style. Une lecture que je trouve intéressante.
Pour ce qui est du genre favori, j’aime la science-fiction lorsqu’elle est ancrée dans une réalité proche de la nôtre. J’aime moins  les univers futuristes entièrement créés de toutes pièces. De manière générale, pour mes lectures, je ne fonctionne pas par genre mais plutôt par auteur. Et dernièrement, dans deux styles bien différents, mes énormes coups de cœur reviennent à Cécile Duquenne (Les Foulards Rouges) et à Maylis de Kerangal (Réparer les vivants, Naissance d’un pont).

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

De nouvelles aventures, de nouveaux romans, des idées à n’en plus finir, de belles rencontres avec d’autres auteurs, des collaborateurs du monde du livre et des lecteurs. Et surtout, de ne jamais manquer d’inspiration pour faire voyager l’esprit !


L’interview d’Alexandre Jarry vous a plu ? Vous avez envie de faire partie des élus qui vont tenter de coloniser la planète Mars ? Plongez-vous dans Les cent derniers jours, la première partie des Poussières d’Arcadia.

Les+poussières+d'Arcadia Histoire :

Janvier 2030. La vie monotone de Noura bascule lorsqu’elle reçoit l’appel qu’elle attend depuis tant d’années. Elle apprend qu’enfin sa candidature a été retenue pour le prochain vol habité à destination de Mars. Mais il s’agit d’un aller simple et le départ est prévu dans cent jours. Cent jours pendant lesquels il faudra se préparer au voyager mais aussi faire ses adieux à la planète. Un changement d’autant plus bouleversant qu’elle ignore tout de ce qui l’attend de l’autre côté de la stratosphère…

>> Les poussières d’Arcadia <<

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