De l'art d'écrire

En tête-à-tête avec Chris Simon

Toutes les deux semaines, des auteurs Kobo Writing Life vont se prêter au jeu des questions / réponses et seront mis à l’honneur sur le blog. Vous aurez ainsi l’opportunité d’en savoir un peu plus sur leur goût pour l’écriture et leurs influences. Les auteurs n’hésiteront pas à partager des conseils et astuces pour celles et ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure de l’autoédition ou qui hésitent encore.

Portraits ecrivains

Aujourd’hui nous partons à la découverte de l’univers de Chris Simon.

 

Chris Simon

Chris Simon

Quand avez-vous découvert votre passion pour l’écriture ? Y a-t-il un livre en particulier qui vous a donné l’envie d’écrire ?

Au sortir de l’adolescence, je concevais assez mal que la vie ne se résume qu’au monde réel. J’avais envie de transformer le monde ou d’en créer d’autres, écrire m’a semblé une possibilité de le faire. À cette époque, en même temps que j’étudiais la philosophie, j’ai découvert les surréalistes et le théâtre de l’absurde. La Cantatrice chauve et La Leçon m’ont donné immédiatement envie d’écrire des pièces de théâtre, ce que j’ai fait. L’année de mes 18 ans, j’ai écrit trois pièces de théâtre, c’est beaucoup plus tard que je suis venue à la littérature.

Quel est l’écrivain qui vous a le plus inspiré ?

Les univers des écrivains qui m’ont le plus marqué sont ceux de Virginia Woolf, Witold Gombrowicz, Jean Genet, Toni Morrison et Raymond Chandler (aussi comme scénariste). Ils m’ont inspiré et m’inspirent encore.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu en tant qu’écrivain ?

Au-delà des conseils d’auteurs à travers leurs livres comme Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke ou des livres plus récents comme Bird by Bird d’Anne Lamott, deux autres m’ont été utiles. J’ai rencontré Christine Angot lors d’une lecture à NYU (Université de New York) au début des années 2000, à l’époque, je publiais surtout des nouvelles dans les revues, elle m’avait dit, il faut continuer, insister, envoyer tes textes aux maisons d’édition et en 2010, un auteur anglophone, Nick Alexander m’a conseillé de m’autoéditer. J’ai suivi ces deux conseils et aujourd’hui, je publie en indépendante et en maison d’édition et je continue d’écrire.

Où puisez-vous l’inspiration ?

Je ne puise pas, les choses me viennent d’elles-mêmes, il suffit d’écouter, de se rendre disponible. Tout ce qu’il faut c’est du temps devant soi, malheureusement, on n’en a pas toujours à sa disposition. Le temps est le luxe de l’écrivain. Pour écrire, il faut se rendre dans un autre espace temps que celui qui nous est imposé.

Où écrivez-vous habituellement ?

Ça va vous surprendre ou vous faire sourire peut-être, mais j’écris dans mon lit. J’ai trouvé il y a quelques années dans une brocante à New York une petite table pliante des années 50, qui à l’époque servait à lire des magazines dans son lit.

Qu’est-ce qui vous a conduit à l’autoédition ?

La curiosité et une rencontre avec Nick Alexander que j’ai mentionné plus haut. Il vivait un succès avec ses livres autoédités au Royaume-Uni, (La Femme du photographe a été traduit en français depuis), et m’a encouragé à tenter l’aventure. Il m’y a même aidé. Je le remercie parce que je ne serais peut-être pas là à vous répondre sans cette rencontre, aujourd’hui.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un auteur qui souhaite se lancer dans l’aventure de l’autoédition ?

Faire preuve de patience, de discipline et de travail. Et ne pas hésiter à se fédérer avec d’autres auteurs pour y trouver une entraide et bien s’informer. Autoédition ne veut pas dire qu’on est seul. On ne fait jamais rien seul. J’ai créé un magazine de curation : Le Mag des Indés, pour les auteurs indépendants. On y trouve des ressources sur l’autoédition, n’hésitez pas à vous y abonner, il est gratuit.

Sur quel projet travaillez-vous en ce moment ?

En fait, je travaille souvent sur plusieurs projets en même temps. En ce moment, j’écris la Saison 2 de Brooklyn Paradis, ma série polar humoristique dont la saison 1 est déjà disponible sur Kobo, et je peaufine un roman, une dystopie qui peut se classer dans le genre science-fiction. Une histoire que j’ai dans la tête depuis une vingtaine d’années, dont j’avais fait une nouvelle. Quelques lecteurs m’avaient encouragé à en faire un roman. J’écris et réécris cette histoire depuis trois ans, j’espère pouvoir sortir le livre avant l’été 2016.

Avez-vous en tête un objectif que vous souhaitez atteindre mais que vous n’avez pas encore accompli ?

J’aimerais inventer quelque chose en littérature, apporter ma pierre à l’édifice comme l’ont fait Virginia Woolf, James Joyce, Truman Capote, Jack Kerouac, Marcel Proust ou Céline et d’autres, mais bon, je ne promets rien ! 😉 Le seul moyen que j’ai trouvé pour pouvoir peut-être y parvenir est de continuer d’écrire…

Quelle est votre lecture du moment ? Votre genre favori ?  

Je viens de finir Harbor Nocturne de Joseph Wambaugh, un polar qui se passe à Los Angeles au sein d’un commissariat d’Hollywood. Je lis toute sorte de fictions, et même de plus en plus de non-fictions. J’aime trouver un peu, et même beaucoup d’humour, dans mes lectures.

D’où est venue votre idée de faire une série sur la psychanalyse ?

Je crois que l’on se fait beaucoup d’idées fausses sur la psychanalyse. La psychanalyse est aussi vieille que le cinéma à qui elle emprunte une partie de son vocabulaire (séance) et qui a été pas mal explorée par les cinéastes comme Woody Allen ou Alfred Hitchcock. La théorie peut-être parfois ardue, mais la pratique, elle, est beaucoup plus limpide. L’idée m’est venue à partir de mon expérience. En 2010, suite à une rupture, je suis allée chez un psy. Lors de notre première rencontre, il m’a dit être lacanien. Je connaissais le nom de Jacques Lacan bien sûr, mais ni ses théories, ni ses pratiques. Cela m’a intrigué. Il y avait aussi sur la table basse de son cabinet une boîte de mouchoirs. Une boîte, c’est toujours mystérieux, inquiétant, dérangeant… Je suis partie de ce mystère.


Besoin d’humour ? Plongez-vous dans l’intégrale de la saison 1 de Lacan et la boîte de mouchoirs :

Lacan et la boîte de mouchoirs

Histoire :

Entrez discrètement dans le cabinet d’un psychanalyste en pleine séance avec ses patients. Rencontrez Judith, Maxime, Chloé et un drôle de psy. Humour, dérision, romance et psychologie assurés.

>> L’intégrale saison 1, Lacan et la boîte de mouchoirs <<

>> Le blog de Chris Simon <<

>> Le Mag’ des Indés <<

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